Sous le signe de Clausewitz, la stratégie en livres

Sous le signe de Clausewitz, la stratégie en livres

Mise à jour : 28/01/2020

Un podcast de haute volée, à écouter ici : sous le signe de Clausewitz : la stratégie en livres

Le 9 janvier 2020, le Centre de documentation de l’Ecole militaire accueillait, autour du micro d’Alexandre JUBELIN, six éminents chercheurs en questions stratégiques. A l’occasion des 10 ans du CDEM et pour un numéro spécial du Collimateur, en partenariat avec l’Institut de recherches stratégiques de l’École militaire (IRSEM), le livre de stratégie était en effet à l’honneur à travers six classiques présentés chacun par l’un des invités. Au centre d’échanges nourris : la nature, les formes et caractères de la guerre ; la pensée et l’héritage de Clausewitz ; les ruptures stratégiques ; la postérité, l’oubli et la redécouverte de concepts stratégiques ; théorie, pratique et influence en matière stratégique.

 


Au programme :

Aron RaymondPenser la guerre, Clausewitz, Paris, Gallimard, 1976

Philosophe et sociologue, Raymond Aron s’est également intéressé à la stratégie nucléaire. Dans cet ouvrage, il entreprend une importante étude de l'œuvre de Clausewitz. Il s'attache en particulier à restituer la dialectique et la base théorique du traité De la guerre, tout en en soulignant ses contradictions et ses complexités.

Professeur de science politique à l’université Paris II Panthéon-Assas et directeur scientifique de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM), Jean-Vincent Holeindre a tout récemment reçu le prix Maréchal Foch de l’Académie française pour la version remaniée de sa thèse de doctorat La ruse et la force : une autre histoire de la stratégie, Paris, Perrin, 2017.

 

Amiral CASTEXThéories stratégiques, Paris, Économica, 1996

Les écrits de ce grand théoricien militaire français synthétisent les enseignements de la stratégie maritime, des guerres au XXe siècle et de la stratégie générale. Il est un des premiers à analyser la rupture que crée l’emploi de la dissuasion dans les relations internationales, tant sur le plan technique que stratégique.

Directeur d’études à l’École pratique des hautes études (EPHE), Martin Motte est également directeur du cours de stratégie à l’École de guerre (EDG). Il vient, avec ses co-auteurs Georges-Henri Soutou, Jérôme de Lespinois et Olivier Zajec de faire paraître La mesure de la force : traité de stratégie de l’École de guerre, Paris, Tallandier, 2018.

 

Douhet GiulioLa maîtrise de l’air, traduit par Benoît Smith, Paris, Institut de stratégie comparée, Économica, 2007

Mort en 1930, le général italien G. Douhet est le fondateur de la théorie du bombardement stratégique aérien et a notamment posé le paradigme du bombardement à outrance pour briser la volonté de l'ennemi. Cette édition, préfacée par F. Botti et postfacée par P. Facon et S. Gadal, contient des études substantielles sur le personnage lui-même ainsi que sur son influence en France et aux États-Unis.

Béatrice Hainaut a soutenu en 2017 sa thèse de doctorat en science politique à l’université Paris II Panthéon-Assas. Dans Émergence et promotion de la norme sur la sécurité des activités spatiales, elle interroge la supériorité américaine dans l’espace au XXIe siècle, le rôle des institutions supranationales dans leur capacité à réguler les relations entre États, ainsi que la place de ces derniers face aux acteurs non étatiques. 

 

Coutau-Bégarie HervéTraité de stratégie, Paris, Économica, 1999

Cet important traité est le premier à tenter une approche globale de la stratégie dans toutes ses dimensions. Il aborde la stratégie en tant que science, art et méthode, de la manière la plus exhaustive possible : principes, modalités, processus, mais également les pensées mondiales de la stratégie, anciennes et modernes, sans oublier la géostratégie et les stratégies nucléaires.

Rédacteur en chef de la revue Défense et sécurité internationale, membre fondateur de l’Association pour les études sur la guerre et la stratégie (AEGES), Joseph Henrotin a dernièrement publié un Précis de stratégie militaire, Paris, Institut de stratégie comparée, 2018.

 

Arendt HannahQu’est-ce que la politique ?, Paris, Seuil, 1995

Ce recueil de textes reprend les thèmes récurrents de la philosophe. « Arendt fait retour sur Grecs et Romains pour montrer les originalités et les pièges de la philosophie politique moderne ». Selon PaulValadier, « elle apporte aussi des précisions éclairantes sur le « sens », le « but » et la « fin » du politique, montrant qu’au total dans un tel contexte, ces distinctions se vident de pertinence. »

Docteur en histoire, le général de corps d’armée Benoît Durieux a dirigé le Centre des hautes études militaires (CHEM) de 2014 à 2016. Il occupe actuellement le poste de chef du cabinet militaire du Premier ministre. Spécialiste de Clausewitz, il lui a notamment consacré Clausewitz en France : deux siècles de réflexion sur la guerre ; 1807 - 2007, Paris, Économica, Institut de stratégie comparée, 2008.

 

Galula DavidCounter insurgency warfare: theory and practice, New York, Praeger, 1964

Dans son ouvrage rédigé lors de son exil américain au début des années 1960, le lieutenant-colonel français David Galula livre les leçons qu’il a tirées de sa longue pratique des conflits insurrectionnels, de la chute de Tchang Kaï Chek à la guerre d’Algérie. Il y propose une nouvelle approche théorique de la guerre contre-insurrectionnelle, dont l’écho se fait grandissant aux États-Unis à partir des années 1990.

Docteur en histoire et chercheur au Centre des études de sécurité de l’IFRI, Élie Tenenbaum coordonne le Laboratoire de recherche sur la défense (LRD). Il a reçu le prix Émile Perreau-Saussine 2019 pour son dernier ouvrage paru : Partisans et centurions : une histoire de la guerre irrégulière, Paris, Perrin, 2018.

 

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