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Ce que les sujets des examens de l’École de guerre nous apprennent sur l’évolution de l’armée française face aux problématiques contemporaines.

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Mis à jour le 14 juin 2019

Le concours d’entrée à l’École de guerre réunit chaque année près de 240 participants avec un taux de réussite d’environ 30%. Les candidats, tous membres de l’institution militaire, avec une expérience déjà importante, doivent dans un premier temps réussir les épreuves écrites. Tout d’abord celle de synthèse, d’une durée de 3 heures, avec un dossier de 30 pages, regroupant articles de presse, synthèses de revue ou documents officiels. Ensuite, les candidats doivent plancher sur une épreuve de culture générale d’une durée de 4 heures.

Ces deux épreuves ont pour objectif de tester les capacités d’analyse, de rédaction et de synthèse des officiers de demain. Les sujets du concours d’entrée de l’École de guerre sont donc le reflet des futures problématiques que vont connaître les officiers supérieurs de l’armée française. Ainsi que nous apprennent-ils sur la vision de l’avenir du Ministère des Armées ?

Pour cela, il faut commencer par l’épreuve de synthèse qui avait pour énoncé : « Vous êtes affecté à l’état-major des armées. Votre chef vous demande de rédiger une fiche de synthèse pour le CEMA relative à la vision des armées de l’autonomie stratégique de la France à l’horizon 2030 en vue de la prochaine participation de celui-ci à un séminaire interministériel ».
Un sujet aussi complexe que sensible, alimenté par différents articles abordant la nécessaire modernisation de la dissuasion nucléaire ou le point de vue américain concernant l’autonomie stratégique européenne. Le dossier présente aussi des synthèses officielles comme celle de la revue stratégique de défense et de sécurité nationale de 2017 ou encore le projet de loi de programmation militaire.

Le sujet de culture générale posait pour sa part la question suivante : « On prête au président syrien Choukri Kouatly, le jour même de la proclamation de la République arabe unie qui réunira brièvement de 1958 à 1961 l’Égypte et la Syrie, la phrase suivante : « Nos frontières ne sont pas des limites. Ce sont des blessures ! ». Cette formule fait référence au contexte spécifique des frontières héritées de la colonisation, mais elle a aussi une portée plus générale. Dans cette perspective, la notion de frontière est-elle un atout ou une menace pour des relations internationales apaisées ? ».
Ce sujet fait appel à des connaissances historiques mais il est aussi en lien avec les problématiques plus récentes liées à l’espace Schengen, aux flux migratoires ou encore à la constitution de Daech. En effet, la suppression symbolique et violente de la frontière issue du traité Sykes-Picot de 1916 par le groupe terroriste illustre le rejet de cette notion. Enfin ce sujet met en perspective à la fois les tensions qui découlent des frontières mais également les paix qui s’organisent autour d’elles.

Par ces épreuves, les officiers doivent convaincre les correcteurs, convaincre, un maître mot qui va les guider tout au long de leur année dans les murs de l’École militaire. L’École de guerre a pour principal objectif de développer les champs de compétence des officiers avec un temps de réflexion sur ce que sera la guerre de demain. À ce titre, les deux sujets traitent de l’indépendance stratégique de la France et des frontières ce qui nous emmène plus généralement vers la question de souveraineté nationale. Une notion qui fait face à la mondialisation et aux défis transnationaux de demain. Cyber défense, espace, évasion fiscale, terrorisme transnational … sont autant de menaces qui altèrent la conception classique de la frontière. Des problématiques qui poussent la France à se doter de moyens importants mais aussi d’accroitre sa coopération avec l’Union Européenne et les États-Unis.

Ainsi, au même titre que l’OTAN, l’armée française cherche à s’adapter à ces problématiques et cela se ressent jusque dans les sujets traités au concours de l’École de guerre. Un constat qui vient rappeler l’importance de l’enseignement militaire supérieur qui forme les futurs chefs de l’armée française. Une armée qui ne peut se moderniser et prendre le pli des évolutions sans une adaptation de son enseignement. Une chose que l’École de guerre, le Centre des hautes études militaires (CHEM) ou encore le Centre documentaire de l’École militaire (CDEM), via la sélection d’ouvrages d’actualités et pertinents, s’attachent à faire depuis de nombreuses années.

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